Vérifier qu'un organisme est réellement accrédité pour ISO 42001
Il n'existe aucune liste officielle et exhaustive des organismes accrédités pour cette norme. Voici comment vérifier vous-même, en trois questions — et pourquoi c'est à vous de le faire.
Cette page ne classe pas les organismes certificateurs. Elle vous donne la méthode pour les vérifier, et c’est un choix délibéré : un tableau comparatif publié aujourd’hui serait partiellement faux dans six mois, sans que personne ne s’en aperçoive.
La raison tient à une règle qu’on ignore souvent.
Une accréditation s’accorde norme par norme
Un organisme accrédité pour ISO/IEC 27001 n’est pas accrédité pour ISO/IEC 42001. Ce sont deux périmètres distincts, demandés séparément, obtenus séparément, à des dates différentes.
C’est le malentendu le plus coûteux du sujet. Un organisme réputé, accrédité de longue date sur la sécurité de l’information, peut proposer une prestation ISO 42001 sans détenir l’accréditation correspondante. Sa prestation n’est pas pour autant sans valeur — mais le certificat qui en résulte n’a pas le même standing.
La méthode, en trois questions
1. Qui est l’organisme certificateur ? Son nom exact, tel qu’il figurera sur le certificat. Une filiale nationale n’est pas nécessairement accréditée au même périmètre que sa maison mère.
2. Quel organisme d’accréditation l’a accrédité ? Un organisme certificateur ne s’accrédite pas lui-même. Il est accrédité par une autorité nationale : le COFRAC en France, l’ANAB aux États-Unis, l’UKAS au Royaume-Uni, le RvA aux Pays-Bas, le SCC au Canada. Un organisme qui répond de façon vague à cette question répond déjà.
3. ISO/IEC 42001 est-il explicitement dans ce périmètre accrédité ? C’est la question décisive, et celle qu’on oublie. Demandez la date d’obtention, et vérifiez par vous-même sur le registre de l’organisme d’accréditation concerné.
Deux sources publiques permettent ce contrôle : les registres des organismes d’accréditation nationaux, qui indiquent quels certificateurs sont accrédités pour quelle norme et depuis quand, et IAF CertSearch, la base du Forum international de l’accréditation, qui agrège les certificats accrédités de ses membres. Cette dernière reste incomplète : tous les organismes d’accréditation n’y versent pas leurs données.
Certificat accrédité, certificat non accrédité
La distinction est décisive, et elle a une histoire.
Avant la publication d’ISO/IEC 42006 en juillet 2025, il n’existait aucune norme d’exigences pour les organismes certifiant un système de management de l’IA. Des certificats ont donc été délivrés sous des schémas transitoires, ou hors accréditation. Cette période a laissé des traces dans le paysage.
Un certificat non accrédité n’a aucun standing sous l’accord de reconnaissance multilatérale de l’IAF, et sa valeur diminue dans les procédures d’achat des grands comptes. Il n’est pas frauduleux — il n’apporte simplement pas la garantie qu’on croit acheter.
Un point technique aggrave la situation, et il est peu connu : la table de reconnaissance multilatérale de l’IAF ne comporte pas encore de ligne dédiée à ISO/IEC 42001 au niveau des sous-périmètres, contrairement à ISO/IEC 27001. La reconnaissance transfrontalière n’est donc pas aussi automatique que pour la sécurité de l’information.
Ce qui est établi à ce jour
Les faits ci-dessous reposent sur des sources primaires — communiqués des organismes concernés, confirmations des organismes d’accréditation — et sont datés. L’état du marché évolue rapidement : ils sont arrêtés au 12 septembre 2026.
| Date | Fait |
|---|---|
| 24 septembre 2024 | Schellman devient le premier organisme accrédité par l’ANAB pour ISO/IEC 42001, sur la base du projet d’ISO/IEC 42006, avant la publication de celle-ci |
| Décembre 2024 | BSI est accrédité par le RvA néerlandais |
| Juillet 2025 | Publication d’ISO/IEC 42006, norme d’exigences pour les organismes certifiant un AIMS. Elle complète ISO/IEC 17021-1 par des exigences propres à l’IA, notamment sur la compétence des auditeurs et le calcul du temps d’audit |
| Janvier 2026 | BSI obtient l’accréditation UKAS, décrite comme la première au monde pour cette norme |
| 10 mars 2026 | BSI annonce détenir la triple accréditation ANAB, UKAS et RvA |
D’autres organismes sont accrédités par l’ANAB avec un niveau de confirmation moindre — A-LIGN, Coalfire, SGS —, et MHM Advisory a été le premier accrédité par le SCC canadien.
Ce que cette page n’affirme pas
Plusieurs organismes bien implantés communiquent une offre ISO/IEC 42001 : DNV, Bureau Veritas, Intertek, DEKRA, LRQA, DQS, NQA, AFNOR Certification.
Nous n’avons pas vérifié leur statut d’accréditation pour cette norme précise, et nous ne l’affirmons donc ni dans un sens ni dans l’autre. Leur présence dans cette liste dit qu’ils proposent une prestation, rien de plus. Appliquez-leur la méthode ci-dessus — c’est exactement ce pour quoi elle existe.
Il n’existe par ailleurs aucun registre officiel unique des certificats ISO 42001, et l’enquête annuelle de l’ISO ne couvre pas encore cette norme. Toute liste qui se présente comme exhaustive est donc une reconstitution, pas un relevé.
Une remarque sur notre position
Focus 42001 n’est affilié à aucun organisme certificateur et n’en recommande aucun. C’est aussi pourquoi cette page donne une méthode plutôt qu’un classement : un média qui pourrait, par ailleurs, accompagner des organisations vers ces organismes n’est pas le mieux placé pour les hiérarchiser.
Ce qu’il faut retenir
Trois questions : quel certificateur, quel organisme d’accréditation, et ISO/IEC 42001 est-il nommément dans le périmètre accrédité.
La réponse se vérifie sur le registre de l’organisme d’accréditation, pas sur la page commerciale du certificateur. Et une accréditation sur une autre norme ISO ne vaut rien ici.