A.2 — Politiques relatives à l'IA
Trois contrôles, un livrable central : la politique relative à l'IA. C'est le document le plus court du dossier et celui dont la qualité se voit le plus vite.
Le domaine A.2 compte trois contrôles : A.2.2 sur la politique relative à l’IA elle-même, A.2.3 sur son alignement avec les autres politiques de l’organisme, A.2.4 sur sa revue.
Ils prolongent l’exigence de la clause 5.2, qui impose la politique. Le domaine, lui, précise ce qu’on attend de son contenu et de son entretien.
Ce que l’auditeur regarde
Trois choses, dans cet ordre.
Que la politique existe et soit approuvée. Un document daté, avec un approbateur identifiable au niveau de la direction. C’est immédiat à vérifier, et l’absence d’approbation formelle est un écart en soi.
Qu’elle soit spécifique à l’organisation. Une politique interchangeable avec celle de n’importe qui ne fournit aucun cadre. La question que pose l’auditeur est concrète : quelle décision cette politique a-t-elle permis de trancher ?
Qu’elle ne contredise pas les autres. C’est l’objet d’A.2.3, et le point le plus souvent négligé. Une politique IA qui autorise ce que la politique de sécurité interdit place les équipes devant un arbitrage qu’elles ne peuvent pas rendre — et elles trancheront dans le sens le plus commode.
Trois niveaux de mise en œuvre
Minimal crédible. Un document d’une à deux pages : l’objet, le périmètre des systèmes couverts, les principes retenus, ce qui est autorisé et ce qui ne l’est pas, qui décide en cas de doute, et la fréquence de revue. Approuvé par la direction, diffusé, et effectivement lisible par quelqu’un qui n’a pas participé à sa rédaction. C’est un niveau qui tient en audit.
Mature. La politique devient un chapitre d’un ensemble de gouvernance : définitions, périmètre par type de système, principes déclinés en règles, procédure d’approbation d’un nouvel usage, et renvois explicites aux politiques de sécurité, de protection des données et d’achat. Une revue annuelle est coordonnée par une fonction identifiée, et ses conclusions sont tracées.
À éviter. La charte de vingt pages en langue juridique, exigeant une signature manuscrite de chaque salarié, révisée après chaque réorganisation mineure. Le formalisme n’ajoute pas de solidité : il rend le document illisible, donc inappliqué, donc faux. Un auditeur qui interroge trois salariés et constate qu’aucun ne sait ce que la charte autorise en tire la conclusion qui s’impose.
Ce que le domaine ne demande pas
Aucun format, aucune longueur, aucun plan type. Aucune fréquence de revue chiffrée : vous la fixez, vous la respectez.
Il n’exige pas non plus une politique distincte. Un chapitre dans un corpus de politiques existant satisfait le contrôle, et c’est souvent le choix le plus solide : une politique isolée vieillit plus vite que celle qui vit avec les autres.