Annexe A · A.4 · 5 contrôles

A.4 — Ressources des systèmes d'IA

Cinq contrôles qui se ramènent à une question : savez-vous ce qui fait tourner vos systèmes d'IA ? C'est aussi le domaine où l'excès de zèle documentaire coûte le plus cher.

PraticienPar Focus 42001Publié le Mis à jour le Revu le

Le domaine A.4 compte cinq contrôles. A.4.2 porte sur la documentation des ressources ; les quatre suivants les déclinent par catégorie — A.4.3 les données, A.4.4 l’outillage, A.4.5 les ressources système et de calcul, A.4.6 les ressources humaines.

Il prolonge l’exigence de la clause 7.1, qui demande de déterminer et de fournir les ressources nécessaires. Le domaine précise ce qu’il faut savoir de celles-ci.

Ce que l’auditeur regarde

Une seule chose, mais il la regarde sérieusement : savez-vous de quoi dépendent vos systèmes d’IA ?

Concrètement, pour chaque système du périmètre : quelles données il consomme et d’où elles viennent, quels outils et quels modèles il appelle, sur quelle infrastructure il tourne, et quelles compétences il mobilise, chez qui, pour être conçu, vérifié, intégré, déployé, exploité, modifié, maintenu, transféré s’il change de mains, puis retiré.

La catégorie la plus souvent incomplète est celle des ressources humaines (A.4.6). Une organisation qui dépend d’une seule personne pour maintenir un modèle en production a un risque de ressource, pas seulement un risque technique — et c’est exactement ce que le contrôle invite à voir.

Trois niveaux de mise en œuvre

Minimal crédible. Un tableau unique, tenu à la main, listant par système : les jeux de données utilisés, leur origine et ce à quoi ils servent — entraînement, test, exécution —, les outils et services appelés avec leur version ou leur abonnement, l’infrastructure d’exécution, et les personnes clés avec les compétences qu’elles apportent. Mis à jour quand un projet démarre ou qu’un outil change. C’est peu, c’est une base défendable, et c’est déjà plus que ce que la plupart des organisations peuvent montrer.

Mature. Les ressources d’IA deviennent des entités d’un référentiel existant, avec des métadonnées : propriétaire métier, sensibilité des données, spécifications de calcul, contrat et échéance, compétences requises et disponibles. Une revue de ressources précède le lancement de tout nouveau service.

À éviter. Cataloguer chaque table et chaque colonne d’une base de données globale comme un actif d’IA, y compris celles qu’aucun système d’IA n’utilise, ni pour apprendre ni en exécution. Ou exiger une demande formelle en plusieurs niveaux pour essayer un outil, même ouvert. L’inventaire devient alors une charge administrative dont le seul effet mesurable est de rendre l’expérimentation clandestine.

Ce que le domaine ne demande pas

Aucun outil de gestion de configuration, aucun format d’inventaire, aucune granularité imposée. Un tableur tenu vaut mieux qu’une plateforme non alimentée, et l’auditeur ne s’y trompe pas.

Il n’exige pas non plus d’internaliser les compétences : recourir à un prestataire est une réponse légitime, à condition que la dépendance soit identifiée comme telle.